Devenir apporteur d’affaires : tout savoir de A à Z

Devenir apporteur d’affaires : quel statut et quelle réglementation ? Quelle rémunération ? Quelle différence avec l’agent commercial indépendant ? Quels avantages et quels inconvénients ?

Un apporteur d’affaires est un individu qui met en relation une entreprise avec de nouveaux clients, fournisseurs ou partenaires : c’est un facilitateur et un créateur de business. Son rôle consiste donc à identifier et transmettre des opportunités commerciales, même s’il va rarement jusqu’à participer aux négociations ou à la conclusion des contrats.

En effet, contrairement à l’agent commercial indépendant, l’apporteur d’affaires n’a pas de mandat officiel et n’est pas soumis à une réglementation contraignante, ce qui lui offre une grande flexibilité.

En contrepartie, sa rémunération sera moindre que celle d’un agent co : 1 à 5% contre 12 à 25%. Précisément, sa rémunération prendra généralement la forme d’une commission : pourcentage du chiffre d’affaires généré ou forfait par affaire conclue.

Entrepreneur indépendant, l’apporteur d’affaires peut exercer en micro-entreprise, en entreprise individuelle ou, plus rarement, en société. En réalité, nous allons le voir, devenir apporteur d’affaires est très simple.

Voici tout ce qu’il faut savoir pour devenir apporteur d’affaires et créer une entreprise dans ce secteur.

Devenir apporteur d’affaires est une bonne idée si vous cherchez une activité indépendante peu risquée, c’est-à-dire peu coûteuse à lancer et sans contraintes lourdes.

Cependant, ça n’est pas une activité facile : il faudra se déplacer, préparer ses rendez-vous, consacrer du temps à faire connaître la société donneuse d’ordre et promouvoir ses produits ou services, sans résultat garanti. Ce qui implique d’avoir un excellent relationnel et un sens commercial aiguisé, ainsi qu’une connaissance parfaite de l’offre à mettre en avant, tout en sachant mener ou accompagner des négociations.

Autrement dit, devenir apporteur d’affaires ne s’improvise pas : cela nécessite charisme, expérience et persévérance. Le démarrage peut être long. Il est facile de se démotiver après deux ou trois échecs…

Les apporteurs d’affaires qui réussissent sont ceux qui connaissent parfaitement le secteur d’activité en question. Idéalement, ils ont occupé durant plusieurs années des postes dans le secteur concerné. Mieux, ils sont parfois issus de l’entreprise pour laquelle ils travaillent désormais en tant qu’apporteur.

Concrètement, le succès de l’apporteur d’affaires dépendra de sa capacité à générer des contacts et du business. Pour cela, il faut un réseau solide, donnant accès à des clients ou des partenaires potentiels. Il faudra aussi développer une certaine aisance pour créer et entretenir des liens. Il faudra encore faire preuve d’autonomie et de persévérance, mais aussi d’organisation, avec un suivi rigoureux des opportunités et des accords.

N’hésitez pas aussi à vous renseigner sur les formations d’apporteur d’affaires.

Privilégiez les secteurs en croissance, par exemple :

  • tech et digital (IA, cybersécurité, SaaS)
  • énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrogène),
  • santé et bien-être (e-santé, équipements médicaux, nutrition…),
  • immobilier : besoins constants bien que le marché soit fluctuant,
  • BTP et rénovation,
  • etc.

Ciblez avant tout les PME locales ou les grands comptes selon votre réseau. Choisissez un domaine cohérent avec vos compétences et vos passions pour maximiser votre motivation et vos chances de réussite.

Vous pouvez aussi consulter les plateformes d’apporteur d’affaires, qui mettent en relation prestataires et entreprises.

Devenir apporteur d’affaires à domicile peut être une bonne idée, qui vous permettra de démarrer sans investissement et sans frais. Mais il est parfois plus compliqué de conclure des affaires à distance ; autrement dit, il faut être prêt à se déplacer si le jeu en vaut la chandelle.

Ciblez les entreprises en quête de clients. Utilisez votre réseau (LinkedIn, associations, anciens collègues…) pour proposer des partenariats sous forme de commission. Créez une présence en ligne (réseaux sociaux par exemple) pour crédibiliser et faire connaître votre activité. Passez des coups de fil et partez au combat !

On confond parfois le statut de l’apporteur d’affaires avec celui de l’agent commercial indépendant.

Pourtant ces deux métiers sont bien différents, même s’il s’agit dans les deux cas d’exercer à titre d’indépendant :

  • L’agent commercial indépendant (cliquez pour accéder à notre article dédié) est un travailleur indépendant enregistré au registre spécial des agents commerciaux auprès du Tribunal de Commerce. Ce statut est encadré par la loi. L’agent co indépendant est mandaté par une entreprise à titre permanent pour accomplir des ventes sur lesquelles il percevra une commission. Il relève des BNC bénéfices non-commerciaux car c’est une activité civile, c’est-à-dire non commerciale,
  • A l’inverse, l’apporteur d’affaires n’est qu’un entremetteur ponctuel. Son statut n’est pas encadré par le Code du commerce : il est un simple prestataire de service. Il doit cependant déclarer son activité. Il relève le plus souvent des BIC (bénéfices industriels et commerciaux).

Concrètement, l’apporteur d’affaires met ponctuellement en relation une entreprise avec un tiers (client, fournisseur, partenaire…), afin qu’une ou plusieurs affaires se réalisent entre eux. Cette mise en relation donne lieu à une rétribution sous forme de commission ou d’un forfait défini à l’avance dans un contrat.

Pour exercer son activité, l’apporteur d’affaires aura le choix entre différents statuts juridiques :

  • le statut d’auto-entrepreneur (c’est-à-dire micro-entreprise : forme simplifiée d’entreprise individuelle),
  • le statut d’entreprise individuelle classique,
  • le statut de société : SARL, SAS, SASU…

Par ailleurs, l’apporteur d’affaires garde la possibilité de se déclarer en tant qu’agent commercial indépendant : il figurera alors sur le registre spécial des agents commerciaux. Mais ce n’est pas une obligation, car son activité ne fait en soi l’objet d’aucune réglementation spécifique : il est un simple prestataire de service.

S’il choisit le statut de la micro-entreprise, l’apporteur d’affaires paiera ses cotisations sociales sous la forme d’un pourcentage de son chiffre d’affaires, c’est-à-dire des commissions encaissées, soit 21,2% (ou 25,6% en libéral, voir plus bas).

L’avantage est qu’en cas de chiffre d’affaires à 0, il n’y aura pas de cotisations sociales à payer.

D’autre part, il n’y aura pas de comptabilité à tenir : seul un livre de recettes doit être tenu pour noter les encaissements. C’est sur cette base que le chiffre d’affaires sera déclaré chaque mois ou chaque trimestre.

Par ailleurs, en l’absence de comptabilité officielle, l’Etat estimera vos revenus réels sur la base d’un forfait équivalent à 50% de votre chiffre d’affaires (ou 66% en libéral, voir plus bas). Cette estimation servira de base pour le calcul de votre impôt sur le revenu, selon le système des tranches, à moins que vous n’optiez pour le versement libératoire.

L’apporteur d’affaires peut bien sûr exercer sous le statut de l’entreprise individuelle classique. Cela implique de tenir une comptabilité réelle, par vous-même ou par l’intermédiaire d’un expert-comptable. Votre revenu et vos cotisations sociales seront dans ce cas définis sur la base de votre bénéfice réel.

A noter que l’entreprise individuelle n’est pas soumise aux seuils de chiffre d’affaires de la micro-entreprise (83 600 € annuel maximum).

Enfin, vous pouvez créer une société (SASU, SARL unipersonnelle…), même si ce type de statut semble un peu surdimensionné pour ce type d’activité.

Vous souhaitez exercer en totale indépendance tout en bénéficiant d’un statut salarié ? Vous pourriez opter pour le portage salarial ou encore la coopérative d’activité, systèmes qui permettent d’héberger votre activité dans une structure partagée, laquelle encaissera vos commissions à son nom, avant de vous reverser les montants sous forme de salaire, déduction faite des cotisations sociales et des frais de gestion.

Enfin, pourquoi ne pas opter pour le statut de VRP multicarte ? Le VRP est rémunéré à la commission, et travaille pour le compte d’une ou plusieurs entreprises. En réalité, il est salarié de ces entreprises : il est soumis au Code du Travail.

Pour devenir apporteur d’affaires indépendant, l’inscription se fait en ligne sur le Guichet unique INPI.

Au moment de la sélection de l’activité, choisissez :

  • Activités de services,
    • Activités administratives, agents commerciaux et autres activités de soutien aux entreprises,
      • Autres activités commerciales de soutien aux entreprises (s’il s’agit d’un travail de mise en relation),
      • ou Autres activités libérales de soutien aux entreprises (s’il s’agit d’un travail intellectuel de conseil ou d’accompagnement technique)

On le voit, il y a ici deux choix : vous pouvez opter pour une activité purement commerciale (dans ce cas, vous vendez votre carnet d’adresse, vos contacts) ou bien une activité libérale (dans ce cas, vous fournissez une prestation intellectuelle : vous bâtissez la relation).

A noter que les impôts et cotisations sociales sont plus élevés lorsqu’on exerce en libéral plutôt qu’en commercial : par exemple, le taux de cotisations sociales en micro-entreprise sera de 25,6% au lieu de 21,2%, et l’abattement pour le calcul du revenu sera de 34% au lieu de 50%. A vous de voir !

Le contrat d’apport d’affaires n’est pas encadré par la loi. Cependant, il nécessite une bonne rédaction pour éviter tout risque dans la relation avec le donneur d’ordre…

Cliquez ici pour accéder à notre modèle de contrat d’apport d’affaires

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