Déduire l’achat de son matériel en micro-entreprise ?

Déduire l’achat de son matériel en micro-entreprise : possible ? Comment déduire les frais de démarrage lorsqu’on crée une entreprise ? La réponse de l’expert.

Lorsque j’accompagne les porteurs de projet dans la création de leur activité, je rencontre souvent la question suivante : pourrais-je déduire le coût de mes investissements de départ, l’achat de mon matériel, de mes outils, des mes machines si je m’installe en micro-entreprise ? Autrement dit, est-il possible de soustraire les investissements de départ du bénéfice, ou de les amortir comptablement ?

Eh bien la réponse est clairement NON, pour plusieurs raisons :

  • d’abord, il n’y a pas de comptabilité réelle en micro-entreprise, par conséquent pas de prise en compte des charges réelles et encore moins de notion d’amortissement,
  • d’autre part, et c’est là un point essentiel, l’Etat applique un abattement forfaitaire pour vous, c’est-à-dire qu’il « estime » que vos charges représentent un certain pourcentage de votre chiffre d’affaires. Reste à savoir si, dans votre cas, ce système vous est favorable ou non…

Autrement dit, le fait qu’il soit impossible de déduire l’achat de son matériel en micro-entreprise n’est pas forcément un problème, en particulier si l’Etat applique une déduction forfaitaire supérieure au montant de vos charges réelles.

Nous l’avons vu, il est impossible de déduire l’achat de son matériel en micro-entreprise. Si vous avez de gros investissements ou achats de départ et que vous souhaitez les déduire comptablement, il vous faudra plutôt opter pour un régime fiscal réel : entreprise individuelle au réel ou société de type SARL ou SAS (EURL ou SASU si vous êtes seul associé).

Mais si vos achats de départ ne sont pas très importants, il se pourrait que le statut micro-entreprise vous soit favorable. En effet, l’Etat applique un abattement forfaitaire, c’est-à-dire qu’il tient compte du fait que vous avez des charges et les estime selon le barème qui suit :

  • pour les activités d’achat et vente de marchandises et les locations touristiques, l’Etat estime vos charges courantes à 71% du chiffre d’affaires. Par conséquent le montant restant, qui correspond au bénéfice et à la rémunération, représente seulement 29% du CA.
  • pour les activités de services, il considère que vos charges représentent 50% du chiffre d’affaires,
  • pour les activités libérales, il estime que vos charges représentent 34% du chiffre d’affaires.

L’Etat favorise donc les activités productives ou d’achat-revente, qui nécessitent plus de matériel, d’investissements ou impliquent de plus lourdes charges, en particulier au démarrage.

Dès lors, à vous de calculer si le système de l’abattement forfaitaire vous est favorable ou non !

Remarque : bien sûr, le montant de l’abattement (autrement dit le montant des dépenses estimées par l’administration) ne sera pas prélevé sur le compte de la micro-entreprise ! C’est un simple calcul théorique par lequel l’Etat détermine le montant des cotisations sociales et impôts à payer.

La micro-entreprise est un régime simplifié dans lequel le chef d’entreprise est dispensé de tenir une comptabilité réelle. La seule obligation consiste à noter son chiffre d’affaires sur un document dédié et à le déclarer régulièrement sur un portail en ligne. Ainsi, le chiffre d’affaires constitue la seule base réelle à partir de laquelle l’Etat estime un bénéfice et calcule les cotisations sociales et les impôts (en particulier l’impôt sur le revenu).

Déduire l’achat de son matériel ou de son outillage est donc impossible en micro, de même qu’il est impossible de déduire tout autre type de dépense, de frais ou de cotisation, en tout cas pas de manière « réelle ».

Outre le fait qu’il soit parfois favorable fiscalement, ce système présente un avantage important : la simplicité. En effet, pas de comptabilité à tenir, pas d’expert-comptable à rémunérer. Cependant, il est conseillé de suivre ses achats et de tenir un tableau récapitulatif des ventes et des achats, afin de connaître la rentabilité réelle de l’activité. Cela est même obligatoire.

Une autre question se pose lors de l’achat d’un matériel, d’un outillage ou lors de la réalisation d’un investissement de départ en micro-entreprise : est-il possible de récupérer la TVA ?

Normalement, au démarrage, la micro-entreprise n’est pas soumise au régime de la TVA : c’est ce qu’on appelle la « franchise en base ». Cela signifie que l’entrepreneur n’aura pas à collecter la TVA sur ses ventes (ce qui est un avantage) mais à l’inverse qu’il ne pourra pas récupérer la TVA sur ses achats.

Toutefois, la micro-entreprise peut à tout moment opter pour le régime de la TVA, sur simple demande auprès de l’adminisration fiscale, y compris dès la création. Attention, il faudra alors procéder à des déclarations de TVA périodiques, ce qui nécessite une certaine rigueur !

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