Auto-entreprise : déclarer le CA facturé ou encaissé ?

Faut-il déclarer le chiffre d’affaires facturé ou encaissé en auto-entreprise ? Comment suivre et noter son chiffre d’affaires ?

Voilà une question importante qui concerne tous les auto-entrepreneurs au moment de leur première déclaration de chiffre d’affaires : faut-il déclarer le CA facturé ou réellement encaissé ?

La question se pose car il peut y avoir un décalage, parfois important, entre ce qui a été facturé aux clients, et ce qui est effectivement rentré dans les caisses de l’entreprise. C’est le cas par exemple si un client paie en retard ou si vous lui avez octroyé une facilité de paiement. Le délai de réception d’un virement ou de dépôt d’un chèque peut aussi jouer.

La réponse à cette question est claire : il faut déclarer les mouvements réels, liés à la trésorerie de l’entreprise. En d’autres termes, vous devez faire état, dans vos déclarations, du CA réellement encaissé.

Voyons pourquoi il faut déclarer le CA encaissé plutôt que facturé en micro-entreprise.

En micro-entreprise, c’est la date d’encaissement réel de l’argent qu’il faut prendre en compte pour déclarer son chiffre d’affaires. Ainsi, les auto-entrepreneurs qui subiraient des retards dans l’encaissement de leurs ventes ne sont pas pénalisés.

Cela rend aussi le suivi administratif plus facile : ce sont les mouvements réels, c’est-à-dire les entrées d’argent qui font foi, et non les données issues de votre outil de facturation. Il est en effet facile de pointer les mouvements sur le compte bancaire pour vérifier que l’on a bien déclaré l’ensemble du chiffre d’affaires encaissé.

La comptabilité de trésorerie est une méthode comptable qui consiste à enregistrer uniquement les encaissements (recettes) et décaissements (dépenses) réels, sans tenir compte des créances ou dettes non réglées. Elle ne suit pas les flux théoriques, mais seulement les mouvements effectifs de trésorerie. C’est ce type de comptabilité, très simple, qui est exigé pour les micro-entreprises.

De fait, pour les micro-entreprises, ce système est particulièrement adapté car il est simple, rapide et peu coûteux : pas besoin de faire appel à un comptable. Il évite la complexité de la comptabilité d’engagement (obligatoire pour les entreprises de taille plus importante), dans laquelle il faut comptabiliser les factures même non payées. La micro-entreprise est donc soumise à un régime fiscal et social allégé qui permet une gestion administrative très réduite.

Notons que la comptabilité de trésorerie reflète directement la trésorerie disponible, essentielle pour piloter une petite activité. Cependant, elle ne donne pas une vision complète de la santé financière à long terme, car elle ignore les engagements non réglés… Attention donc à bien anticiper les mouvements de trésorerie futurs.

Le suivi du chiffre d’affaires encaissé est obligatoire en micro-entreprise. Pour cela, l’auto-entrepreneur doit tenir un livre de recettes, ou cahier de recettes, qui peut être sous format papier ou dématérialisé.

Voici, à travers un exemple, le type d’information qui doit figurer sur ce type de document, qui permettra de déclarer facilement le CA encaissé :

Date d’encaissementFacture n°Nom du clientMontant €Type Moyen de paiement
01/06/20262026-084Didier DURAND452,50Prestation de serviceschèque
02/06/20262026-090Jean-Luc SIMON120,00Prestation de serviceschèque
04/06/20262026-081Simon MARTIN320,00Vente de marchandisesespèces

Cliquez ici pour télécharger un modèle de suivi de chiffre d’affaires sur Excel

En micro-entreprise, il est obligatoire d’ouvrir un compte courant distinct et séparé pour recevoir les encaissements (et pour la vie de l’entreprise en général), uniquement si le chiffre d’affaires encaissé dépasse 10 000 € annuels, pendant au moins deux années consécutives.

Il ne s’agit pas forcément d’un compte pro, mais d’un simple compte courant séparé de vos comptes personnels. Un tel compte courant vous permettra d’avoir une vision plus claire de vos mouvements financiers. Cela permet tout simplement de mieux gérer sa trésorerie.

En micro-entreprise, la déclaration du CA encaissé permet le calcul des cotisations sociales à payer, selon un pourcentage du CA. Ces cotisations jouent le rôle d’assurances maladie, retraite et prévoyance. Il ne s’agit en aucun cas d’impôts !

Lire aussi : Déduire l’achat de son matériel en micro-entreprise : possible ?

 

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